Mais on abolit quoi ?

De plus en plus de personnes ou d’organisations liées à la cause animale indiquent être « pour l’abolition », ou même être « abolitionnistes ». Mais l’abolition de quoi ?

Il semble régner une certaine confusion sur ce point. On peut lire ou entendre régulièrement qu’il s’agit d’abolir la cruauté, abolir la maltraitance animale, abolir la souffrance… Soyons clairs : mettre un terme à la cruauté, la maltraitance ou la souffrance ne remet pas en cause le fait d’utiliser les animaux, mais se borne uniquement à réformer les méthodes utilisés pour les exploiter de manière à minimiser leur souffrance en fonction des critères que nous, humain-e-s, estimons comme représentatifs et significatifs.

Dans les faits, réformer les méthodes et conditions de l’exploitation animale ne libère pas les animaux. Cela ne les émancipe pas de la domination humaine, de l’élevage, de la domestication imposée.

C’est pour cette raison que l’abolitionnisme concerne non pas les méthodes, mais l’usage même des animaux nonhumains. Quand nous parlons de l’abolition, quand nous évoquons la notion d’abolitionnisme, quand nous nous présentons comme abolitionnistes, ce que nous visons c’est la fin de l’utilisation des animaux en tant que ressources à disposition des humain-e-s. La fin de leur statut de bien de propriété. La fin de toute usage les impliquant. Que la méthode appliquée pour les utiliser soit présentée (par les humain-e-s évidemment…) comme plus ou moins « respectueuse » n’a RIEN à y voir.

Tant que les animaux nonhumains seront considérés (et utilisés) comme des ressources,, tant que nous en ferons usage en pensant (même sincèrement…) que le plus important est la manière dont nous les utilisons et que si nous les utilisons de la manière que nous jugeons nous la plus acceptable et respectueuse, alors cela ne pose aucun problème, voire même cela ne relève plus de leur exploitation, tant que cette situation perdurera leurs droits les plus fondamentaux seront niés et bafoués : le droit de ne pas être utilisés comme une ressource par autrui et celui de ne pas être la propriété d’autrui. Et tant que cette situation perdurera il y aura toujours la place pour la maltraitance, la cruauté, la violence et l’aliénation. Car la société (malgré toutes les lois et mesures dites de « bien-être animal ») accordera toujours plus d’importance aux droits du propriétaire qu’aux intérêts de la propriété, y compris si cette propriété est un animal…Ainsi qu’il l’est précisé dans les principes fondamentaux de l’Approche Abolitionniste :

« 1. La position en faveur des droits des animaux soutient que tous les êtres sensibles, humains ou nonhumains, ont un droit : le droit fondamental de ne pas être traités par d’autres comme leur propriété.

2. La reconnaissance de ce seul droit fondamental signifie que nous devons abolir, et non pas seulement réglementer, l’exploitation animale institutionnalisée – parce que se contenter de réglementer renforcerait l’idée que les animaux sont la propriété des humains. »

C’est pour ces raisons que lorsque nous parlons d’abolition, c’est d’en finir avec l’utilisation des animaux dont il s’agit. Et avec l’idée qu’ils puissent être en quoi que ce soit notre propriété. Parce que c’est avec la fin de cette injustice que nous pourrons enfin voir concrètement la fin de leur exploitation généralisée.

Le véganisme est l’expression individuelle de l’idée de l’abolition, dans nos actes et dans notre vie quotidienne.

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