Des « antispécistes » contre les droits des animaux ?

On constate depuis quelques temps une certaine propension parmi un courant se réclamant de l' »antispécisme » de dénigrer le véganisme en tant qu’impératif moral fondamental. Sous couvert de dénoncer un véganisme qui se bornerait  à une tendance consumériste individualiste et dépolitisée, cette critique (qui pourrait être constructive) s’accompagne souvent d’une volonté de promouvoir en fait moins que le véganisme. Dans beaucoup de cas, les personnes et cercles sacrifiant à cette mode anti-végane sont liés, et même parfois très liés, à des organisations welfaristes ou à la promotion de campagnes de « bien-être animal » dont nous connaissons depuis bien trop longtemps l’inefficacité.

Le professeur Francione vient de prendre position sur cette tendance profondément néfaste aux droits des animaux. Nous vous proposons ci-après la traduction d’une publication diffusée sur la page Facebook de l’Approche Abolitionniste :

« Aventures dans une *sérieuse* confusion »

« Certains « défenseurs des animaux » prétendent que promouvoir le véganisme c’est réduire une question de justice à une question de consommation et de mode de vie individuel. Ils prétendent que nous devrions à la place plutôt promouvoir l' »antispécisme » et nous engager dans la désobéissance civile à l’encontre des exploiteurs institutionnels. Ils soutiennent des choses telles que les marches pour fermer les abattoirs.

Ces personnes sont *très* confuses.

Premièrement, l’Approche Abolitionniste est très claire : le véganisme est une question de justice. Voici le principe 3 de l’Approche Abolitionniste :

>> Troisième principe : Les Abolitionnistes soutiennent que le véganisme est une base morale et que l’éducation créative et non-violente au véganisme doit être la pierre angulaire d’une défense rationnelle des droits des animaux.

Les Abolitionnistes adoptent l’idée qu’il y a le véganisme et qu’il y a l’exploitation animale : il n’y a pas de troisième choix. Ne pas être végane c’est participer directement à l’exploitation animale. Les Abolitionnistes font la promotion du véganisme en tant que base morale ou impératif moral et en tant que seule réponse rationnelle à la reconnaissance que les animaux ont une valeur morale. Si les animaux comptent moralement, nous ne pouvons pas les traiter comme des ressources et les manger, les porter ou les utiliser. Tout comme quelqu’un qui a promu l’abolition de l’esclavage ne pouvait pas posséder d’esclaves, un Abolitionniste concerné par l’esclavage animal ne peut pas consommer de produits d’origine animale. Pour un Abolitionniste, le véganisme est une question fondamentale de justice. Comme l’Approche Abolitionniste est un mouvement populaire, promouvoir le véganisme en tant que principe fondamental de justice n’est pas quelque chose qui exige de grandes, riches associations et des « leaders ». C’est quelque chose que tous pouvons et devons faire en tant que mouvement populaire. Chacun d’entre nous doit être un leader. <<

Deuxièmement, les exploiteurs institutionnels produisent des produits d’origine animale parce que ces produits sont réclamés par 98 % de la population. Aussi longtemps que la demande est aussi élevée, il y aura toujours de l’offre. Mettre l’accent sur les exploiteurs institutionnels est absurde et indique une incapacité à comprendre comment fonctionnent les marchés.

Si l’on met de côté le fait qu’il n’y a pas de distinction moralement cohérente entre la viande et les autres produits d’origine animale, on peut fermer dix abattoirs aujourd’hui et si la demande reste la même, dix autres seront construits ou dix autres déjà existants augmenteront leur capacité de production.

Troisièmement, l’Approche Abolitionniste rejette explicitement tout spécisme. Mais l’Approche Abolitionniste défend la position que ne pas être végane *est* spéciste. Si des personnes ne sont pas véganes, elles participent directement à l’exploitation animale. Ceux qui prétendent rejeter le spécisme mais qui ne promeuvent pas le véganisme sont, pour la plupart, juste dans une posture. Ils essaient de se qualifier eux-mêmes de « radicaux » alors qu’ils ne sont, en fait, qu’un autre groupe de réactionnaires qui promeut l’exploitation animale. »

– Gary L. Francione

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