Principe 2 de l’Approche Abolitionniste

Principe 2

Les abolitionnistes maintiennent que notre reconnaissance de ce droit fondamental signifie que nous devons abolir, et non simplement réguler , l’exploitation animale institutionnalisée, et que les abolitionnistes ne devraient pas soutenir les campagnes welfaristes ni les campagnes ciblées.

En résumé

Reconnaître aux animaux le droit de ne pas être utilisés comme des biens nécessite que nous abolissions l’exploitation institutionnalisée des animaux nonhumains, et non se contenter de la réguler afin de la rendre plus « humaine ». Les abolitionniste rejettent les campagnes welfaristes. Les abolitionnistes rejettent également les campagnes ciblées, une forme particulière de campagne réformiste qui caractérise certains aspects de l’exploitation animale comme différents, et pires, que d’autres aspects et qui suggère, implicitement, que d’autres aspects de cette exploitation sont acceptables. Les campagnes welfaristes comme les campagnes ciblées promeuvent en fait l’exploitation animale et aboutissent à un partenariat entre les supposé-e-s animalistes et les exploiteurs institutionnels.


Ce texte est tiré et traduit du livre « Animal Rights : the Abolitionist Approach« , écrit par Gary L. Francione et Anna Charlton :

« Ce livre est consacré à une révolution – une révolution du coeur.

L’exploitation animale est générale, profondément établie, et horrible. Dans ce livre, les auteur-e-s rejettent l’idée que l’utilisation des animaux soit moralement acceptable si AAAR-CoverFinalKindle1-20151209nous traitons les animaux « humainement ». Iels rejettent les campagnes pour une exploitation « compassionnelle » que promeuvent virtuellement toutes les grandes organisations de protection animale. Ces campagnes, argumentent les auteur-e-s, renforcent la notion que nous pouvons transiger avec l’injustice et remplacer une forme d’exploitation par une autre. Elles sont moralement condamnable et, sur le plan pratique, inefficaces.

L’argument central de ce livre est que nous avons besoin d’un changement de paradigme. Nous devons considérer les animaux nonhumains comme des personnes nonhumaines. »

A ce jour, cet ouvrage fondamental et au discours iconoclaste vis à vis des grandes organisations animalistes et de leurs campagnes reste hélas sans traduction ni édition francophone…

2.-Principle-Two

Pour en savoir plus :

7 réflexions sur “Principe 2 de l’Approche Abolitionniste

  1. La théorie, mille fois hélas, que nous soutenons, est contredite par une pratique complexe dans la réalité. Autrement dit : on s’interroge sur les méfaits d’un certain soutien aux campagnes néo-welfaristes que sont les revendications abolitionnistes-progressives. Le débat reste ouvert, il faut en tout cas tout tenter pour les animaux.
    K&M

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    • Je ne vois pas cette théorie contredite par la réalité. A l’inverse il me parait que la réalité de l’exploitation animale omniprésente, massive et généralisée (y compris par des méthodes multiples) vient démontrer que les campagnes welfaristes et ciblées menées depuis bientôt deux siècles (pour les plus anciennes) et qui constituent la norme chez l’immense majorité des organisations n’ont aboutit nulle part, et en aucun temps, ni à l’abolition, ni au moins à une réduction drastique de l’exploitation… C’est le constat des faits et de l’histoire, pas de la théorie.

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  2. Un principe, tant qu’il n’est pas mis en pratique, est une théorie. C’est dans ce sens qu’on dit que l’abolitionnisme qui nous paraît si évident ne peut pas être mis en place, mettons là, tout de suite maintenant. Il y a trop de paramètres qui contredisent cette évidence dans la réalité. Le monde réel est presque tout entier tourné contre les animaux, fonctionnant sur leurs exploitations. Ce qu’on constate, et très amèrement, c’est que les campagnes welfaristes ou néo-welfaristes obtiennent quelques avancées qui vont dans le sens de l’abolitionnisme, mais en effet, d’ailleurs tout comme les images d’abattoirs auxquelles les gens commencent à être habitués comme à celle des guerres et autres génocides entre humains, cela ne remet pas en question l’exploitation mais la rend plus « policées » (parfois), plus « acceptable ». D’un autre côté on peut bien crier ABOLITION !!! – qui entend ? qui entend vraiment à part une poignée dont nous sommes ? Il est donc évident que l’abolition, si elle a lieu un jour, ne sera pas le résultat d’un sevrage immédiat, là à la seconde, mais de modifications des conditions dans le temps, donc de divers progrès (progressions) les uns après les autres. Bref : oui pour l’abolition dans l’idée, mais ça ne se produit pas et l’on ne pense pas que ça va se produire ainsi. Cela reste donc un principe, une théorie. De même qu’il paraît évident que la couleur de la peau des humains n’est pas plus significative en termes de droit, de dignité et de respect dûs, que celle des cheveux, il n’en demeure pas moins qu’il y a encore – énormément ! – de gens racistes. Et les faits historiques qui démontrent l’absurdité du racisme ne l’endiguent pas pour autant.
    Bref, oui, rien ne se fait sans transition jamais vraiment, même inapparente, donc pas sans transigeance…
    K&M

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    • Vous semblez confondre but et moyens.

      L’abolitionnisme en tant que théorie des droits des animaux est effectivement mis en pratique par les personnes se reconnaissant en tant que véganes abolitionnistes : refus du welfarisme, prise en compte de la sentience comme critère minimal et unique, éducation non-violente et créative au véganisme, présentation du véganisme en tant qu’impératif fondamental, rejet parallèle de l’ensemble des oppressions humaines ou non. L’abolition par contre, est l’objectif. Ce n’est donc pas parce que l’objectif n’est pas atteint (l’abolition) que les moyens n’ont pas d’existence réelle (l’approche abolitionniste des droits des animaux). Ce sont 2 choses différentes. La principale différence avec ce que je comprends de votre position c’est que les abolitionnistes considèrent que le but (l’abolition) ne peut découler que de la mise en pratique de la position abolitionniste (les moyens), tandis que pour vous le but (l’abolition) ne peut pas découler de pratiques abolitionnistes.

      Je pense que cette confusion vient de l’idée (répandue) que la position abolitionniste serait une position incapable d’envisager une évolution graduelle et une stratégie incrémentielle. C’est faux. C’est hélas un mantra répété à l’envie qui pourtant même si il est répandu ne correspond pas à la réalité. Une confusion semble malheureusement entretenue entre des évolutions incrémentielles permettant de mettre un terme pan par pan aux différentes formes d’utilisation des animaux (qui correspondent à la position abolitionniste), et des aménagements dans les méthodes de l’exploitation (la position welfariste/néo-welfariste/etc) : considérer que les campagnes welfaristes (qui sont une succession d’échecs pour la plupart) ne peuvent mener à l’abolition deviendrait la preuve que l’on veut « tout ou rien » et que l’on est incapable de fonctionner en pensant à une évolution graduelle des normes sociales. C’est très caricatural. Et faux. Ce point de vue (erroné à mon avis) est souvent consolidé (très subjectivement) par le discours qui voudrait que les campagnes welfaristes seraient indispensables à la progression d’une vision abolitionniste. Ça me parait encore faux. Faux, tout simplement parce que le constat de l’histoire des mouvements pour les animaux, depuis leur apparition, et des premières législations concernant le « bien-être » animal, est un constat d’échec quant à ce but. Je trouve donc étonnant d’entendre aussi régulièrement ce discours qui semble balayer d’un revers de la main les leçons de l’histoire.

      Je vous accorde une chose. Pendant la plus grande partie du développement du welfarisme et du mouvement pour les animaux (sur une période d’environ 150 ans), le but n’a jamais été l’abolition mais juste l’aménagement de l’exploitation avec ds conditions considérées comme plus « humaines ». Le fait de mener ces campagnes avec comme but qu’elles conduisent à l’abolition est beaucoup plus récent. Le prof. Gary Francione a d’ailleurs analysé cette « mutation » des organisations animalistes dans son ouvrage « Rain Without Thunder » paru en 1996. Ce qui m’étonne là-dedans c’est qu’on puisse sérieusement et sincèrement penser que des campagnes n’ayant jamais mené à abolir en 150 ans puissent être un succès à partir du moment où l’objectif avec lequel on les mène est différent. C’est un peu penser que l’efficacité d’une action dépend uniquement de ce pourquoi on l’accomplit et non des méthodes employées et de ses résultats réels. Il suffirait alors de mener une campagne qui s’est toujours montré stérile mais avec en tête l’objectif qu’elle mène à un but autre pour que d’un coup elle génère des victoires. C’est un raisonnement qui me parait assez fantaisiste. Et pourtant…

      Cela me semble une spécificité bien malheureuse de la cause animale que de considérer que quand une stratégie n’a abouti à rien en 2 siècles, l’urgence n’est en aucun cas de changer radicalement de paradigme et adopter une approche nouvelle mais de continuer à suivre cette stratégie… Cela m’étonne toujours en fait.

      Aimé par 1 personne

      • C’est très intéressant, merci. Concernant l’échec des typologies de campagnes il faut ne pas oublier qu’en 150 ans il s’en est passé des choses dans le contexte historique global, le genre de choses qui ont fortement tendance à remiser l’exploitation des animaux comme un fait mineur… Il faudra avoir un autre espace qu’ici pour parler de tout cela. 🙂
        K&M

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      • Bonjour. Il se passe TOUJOURS des choses dans le contexte historique global qui ont fortement tendance à remiser l’exploitation des animaux comme un fait mineur… C’est toujours valable aujourd’hui. 😉

        Nous aurons peut-être un jour l’occasion d’aborder ces points ailleurs. Merci pour vos commentaires.

        Aimé par 1 personne

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