Une voie sans issue pour les animalistes

Inciter les militant-e-s- animalistes à ne pas mettre en avant l’abolitionnisme mais plutôt à se concentrer sur l' »élevage intensif » est le meilleur moyen de diriger ces énergies sincères et généreuses dans une voie consensuelle sans aucune issue.

Il est évidemment impossible de répondre à la demande consumériste de près de 70 millions de non-véganes (en France uniquement) sans une industrialisation de la production.

Faire croire à la possibilité d’un pays nourri uniquement grâce à la mignonne et pittoresque ferme du mythique « petit paysan respectueux » qui peuple les fantasmes welfaristes n’a strictement rien à voir avec le respect des droits fondamentaux des animaux, et pas plus à voir avec le véganisme.

Ainsi que l’écrit fort justement le professeur Gary L. Francione dans cet article fondamental :

 « Le problème, c’est la position du bien-être animal.

Le problème, c’est un « mouvement » qui présente l’exploitation « heureuse »   comme   la solution au problème de l’exploitation animale.

Le problème, c’est notre échec à nous focaliser sur la question de l’utilisation, car depuis 200 ans nous avons clairement et très délibérément embrassé l’idée spéciste que les animaux ne se soucient pas du fait que nous les utilisions, mais seulement de la manière dont nous le faisons. »

L’apport des campagnes welfaristes à la filière de l’exploitation animale est aussi reconnu du côté des professionnels de l’élevage. Selon les déclarations de Michel Bloc’h, qui s’exprime en tant que président d’un groupement d’éleveurs de Bretagne :

 » Il faut aller plus loin. Il faut adopter une démarche vertueuse qui va au-delà du VPF : un contrat d’avenir sociétal qui communique sur les résultats en termes d’environnement, de social, de sanitaire et d’économie ». Les producteurs allemands ont mis en place un programme d’avenir, répondant à la demande sociétale, nommé Tierwohl (démarche avec les distributeurs, mettant en avant le bien-être des animaux). « 10 à 20 % des producteurs y adhèrent (en adoptant certains critères que l’éleveur s’engage à remplir). La démarche leur a rapporté 63 millions d’euros ».

Les responsables français souhaiteraient s’engager dans un tel projet. « Nous avons rencontré les distributeurs au Salon de l’agriculture, la semaine dernière. C’est difficile ; ils voudront peut-être plus de critères de bien-être pour l’accepter. Le calendrier est en place ; nous poursuivons les discussions ». Dans tous les cas, Michel Bloc’h insiste sur la nécessité d’adopter une segmentation différenciante de la production. Le groupement Triskalia va s’y engager dans les années qui viennent. « Il faut raconter une histoire au consommateur. Mais il faut que ce soit concret, sinon cela ne dure pas ». Avec un retour de la plus-value à l’éleveur… »

L’utilisation des forces militantes dans des initiatives permettant à la filière de l’exploitation animale de cultiver la bonne conscience et renforcer ses marges (tout en maintenant son opposition dans des campagnes inoffensives) n’est en rien une solution au problème du statut des animaux : c’est une partie du problème.

 

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