Bien-être animal et véganisme abolitionniste : 2 mouvements diamétralement opposés

(Traduction de « Animal Welfare and Abolitionist Veganism : 2 Diametrically Opposed Movements » de Marianna C. Gonzalez, publié sur le site « ecoveganspirit« )

Je me suis retrouvée récemment à avoir un échange sur la position végane abolitionniste du professeur Gary L. Francione, que l’on qualifiait de « noir et blanc », contredite parce que « le monde ne deviendra pas végane du jour au lendemain » et rejetée à la manière classique du néo-welfarisme en faveur de « l’adoption de stratégies différentes », ce qui signifiait en gros qu’il faudrait soi-disant soulager la souffrance animale « maintenant » en soutenant les réformes de bien-être animal tout en maintenant l’abolition de l’exploitation animale comme objectif final.

Avant de faire part de mes commentaires à ce sujet, j’invite toutes les personnes qui s’intéressent à ce sujet et qui n’ont pas encore lu les travaux du professeur Francione à le faire, car il est préférable d’évaluer cette position contre les réformes de bien-être et le néo-welfarisme en allant directement à la source. Les personnes intéressé-e-s peuvent commencer par consulter « Vous découvrez l’abolitionnisme ? Commencez ici« . Je recommande tout particulièrement « Les quatre problèmes du mouvement en faveur du bien-être animal : en résumé« .

Maintenant, quelques commentaires :

« Le monde ne deviendra pas végane du jour au lendemain. »

J’aimerais apaiser cette inquiétude en assurant à tou-te-s que les véganes abolitionnistes sont bien conscient-e-s que le monde ne deviendra pas végane du jour au lendemain.

De plus, le monde ne deviendra pas végane tant que les militant-e-s pour les droits des animaux feront passer le message au public non-végane qu’ils font ce qu’il faut en répondant à la détresse des animaux par tout ce qui est moins que le fait de devenir végane, comme par exemple en devenant végétarien-ne, en pratiquant les lundis sans viande, et en achetant des produits animaux provenant d’animaux qui ont été exploités « humainement ». S’il y a un espoir de créer un monde végane, c’est en promouvant le véganisme et non les réformes welfaristes.

Le réformisme welfarsite concernent les êtres humains, pas les animaux.

Les réformes de bien-être / l’exploitation « humaine » consistent à faire en sorte que les non-véganes se sentent bien face à l’exploitation des animaux. Il s’agit de calmer leur conscience en leur faisant croire à tort qu’il existe une bonne façon de faire la mauvaise chose.

Le mouvement welfariste et le mouvement végane abolitionniste sont deux mouvements très différents et diamétralement opposés. Le premier renforce et perpétue l’exploitation des animaux. Le second conduit véritablement à y mettre fin par le biais de la promotion du véganisme. Si un-e militant-e animaliste considère cette différence de position et les débats qui en découlent comme de simples « luttes intestines », je ne peux qu’exprimer que ces points de vue fondamentalement opposés sur le welfarsime et l’abolitionnisme justifient un débat, en particulier si l’on considère les résultats très différents auxquels ils aboutissent. Nos actions sont guidées par le paradigme que nous adoptons, consciemment ou non. Si ce paradigme tolère l’exploitation des animaux, comme le bien-être animal, loin de mener à l’abolition, notre « activisme » ne sera qu’une partie « confortable » du même paradigme de l’utilisation des animaux en tant que biens de propriété.

Pour clarifier, je ne doute pas que les militant-e-s qui encouragent une exploitation « humaine » des animaux soient bien intentionné-e-s. Leur cœur est peut-être à la bonne place. Mais en fin de compte, iels adoptent une position spéciste, qu’iels en soient conscient-e-s ou non. (Voir le visuel ci-dessous). Malheureusement, et c’est le plus important, leur plaidoyer est contre-productif en ce qui concerne la réalisation de l’abolition.

20140502-goldpurple_speciesism-FR

Aujourd’hui plus que jamais, en tant que militant-e-s pour les droits des animaux, nous devons promouvoir le véganisme sans équivoque et cesser de perdre du temps à promouvoir une exploitation animale « humaine », qui est non seulement injuste pour les animaux et n’a rien à voir avec le respect des droits des animaux, mais qui se retourne également contre nous car l’élevage détruit l’environnement ; c’est l’une des principales causes de la crise climatique actuelle, et elle nous rend malades à cause de maladies liées à l’alimentation et de zoonoses, comme l’actuelle pandémie du COVID-19.

Soit nous changeons notre façon d’aborder la vie sentiente non humaine sur cette terre et nous cessons de considérer les animaux comme des choses destinées à l’usage humain, soit nous périssons. C’est aussi simple que cela.

S’il vous plaît, devenez végane. C’est la chose moralement correcte à faire pour les animaux nonhumains – et les humains, particulièrement maintenant, à ce moment critique de l’histoire.

 

 

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