« Black Lives Matter », « All Lives Matter is Racist »

Le meurtre raciste de Georges Floyd aux USA a engendré un soulèvement populaire massif contre le racisme et les violences policières. Mouvement qui déborde largement les frontières nord-américaines et trouve aussi écho en France.

Le professeur Gary L. Francione est intervenu à plusieurs reprises pour dénoncer le racisme et sa violence.

Nous publions ici une traduction de plusieurs extraits de publications issues de la page Facebook de l’Approche Abolitionniste qui permettent (si cela était encore nécessaire) de clarifier la position abolitionniste sur ce sujet :

« De nombreux commentateurs se penchent sur la situation de George Floyd et affirment que Floyd a été traité « comme un animal ». Il a été « traqué » et tué « comme s’il était un animal ».

Je ne pourrais pas être plus d’accord. Floyd a été assassiné par des flics blancs – ce qui n’est pas contesté sauf par l’opinion d’un procureur raciste qui refuse de porter plainte – pour une seule et unique raison : Floyd était une personne de couleur. Il était « l’autre ». Cela arrive encore et encore et encore et encore aux personnes de couleur et cela doit cesser. L’Américain blanc doit cesser de traiter l’Amérique non blanche comme « l’autre ».

Et nous devons arrêter de traiter les non-humains comme « l’autre ». Nous traçons des lignes arbitraires basées sur la race, le sexe, le genre et l’espèce, et ceux qui se trouvent du « mauvais » côté – « l’autre » – sont victimes d’injustice. C’est TOUT faux. Il faut TOUT rejeter.

Notre « altérisation » des animaux fournit un modèle pour toute discrimination : nous réduisons les humains à des « animaux » et ensuite tout est permis parce que les animaux sont l' »autre » ultime. Nous pouvons les tuer pour parvenir à nos fins, aussi insignifiantes soient-elles.

Il est temps que nous mettions fin à TOUTE la violence aveugle qui tue nos esprits d’une manière *largement* plus grave que le covid-19 qui tue nos corps.

Nous sommes face à une pandémie de violence. Elle doit cesser. »

« En réponse à certaines de mes publications, j’ai reçu un courriel de quelqu’un me demandant pourquoi nous ne devrions pas utiliser « all lives matter » plutôt que « black lives matter« .

La réponse est que « all lives matter » est toujours compatible avec le fait que les vies blanches comptent PLUS que les vies noires, et c’est exactement le problème : le racisme signifie la dévalorisation systématique et institutionnalisée des vies noires. Dans une société raciste, les vies noires ont, par définition, moins de valeur que les vies blanches. C’est là que réside le problème. L’affirmation selon laquelle « les vies noires comptent » est une affirmation selon laquelle la valeur morale des vies noires est ÉGALE à la valeur morale des vies blanches. Et en Amérique en 2020, cette égalité est niée et nous voyons les conséquences tragiques de ce déni chaque jour. Ces conséquences comprennent non seulement le meurtre de personnes de couleur par la police (et l’échec du système à répondre à ces meurtres), mais aussi la réalité que les personnes de couleur sont *constamment* harcelées par la police. « Black lives matter » est une demande pour que les intérêts fondamentaux des personnes de couleur, y compris, mais sans s’y limiter, leur intérêt à rester en vie, soient respectés de manière ÉGALE.

En résumé, c’est simplement une question de logique : « all lives matter » ne fonctionne pas. »

« Anonymous for the Voiceless, un groupe réactionnaire dont les représentants sont apparus sur cette page en soutenant, entre autres, que le mouvement des droits des animaux devrait être politiquement « neutre » et devrait inclure des éléments anti-féministes et d’autres éléments de droite, et que les prisonniers humains (aux États-Unis, ce qui signifie les gens de couleur) devraient être utilisés dans des expériences biomédicales, est tout à fait contrarié que dans l’une des manifestations contre le meurtre par la police de George Floyd dans le Minnesota, la tête d’un cochon ait été portée comme symbole des flics en tant que « cochons » (une référence qui remonte au 19ème siècle mais qui était très populaire dans les années 60).

Était-ce bien ? Non, bien sûr que non !

Mais cela signifie-t-il que nous ne devrions pas soutenir le mouvement Black Lives Matter dans son effort pour condamner le meurtre de Floyd et dans son rejet du racisme institutionnalisé ? Non, bien sûr que non ! Nous devons absolument soutenir ces efforts. Nous devrions faire passer clairement le message que #blacklivesmatter.

Aucune personne raisonnable ne pourrait nier qu’il existe un racisme institutionnalisé dans notre société et que cela entraîne une terrible violence contre les personnes de couleur. Cette violence comprend non seulement le meurtre, mais aussi le harcèlement constant des Noirs américains et l’imposition d’une pauvreté écrasante à leur égard. Nous devrions rejeter cela. Nous devons rejeter cela.

Nous devrions, bien sûr, toujours chercher à éduquer *tout le monde* sur l’injustice de l’exploitation animale et sur l’importance de reconnaître le véganisme comme base morale. Mais nous devrions rejeter la revendication réactionnaire selon laquelle nous ne devrions pas demander justice pour les humains opprimés, à moins qu’ils ne demandent justice pour les non-humains parce que le mouvement est supposé être politiquement « neutre ». Je m’attendais à ce genre d’absurdités de la part de ceux qui, comme AV, prétendent en fait que nous devrions inclure la droite radicale dans le mouvement. Mais ceux d’entre nous qui embrassent l’Abolition devraient la rejeter. Le mouvement abolitionniste n’a pas de place pour la droite radicale, ni pour ceux qui rejettent le féminisme ou qui acceptent quelque forme de discrimination que ce soit. »

« Un mouvement de droite ? Je dis NON.

Je viens d’avoir une discussion avec quelqu’un d’Anonymous for the Voiceless qui affirme que nous devrions enrôler la droite radicale, les masculinistes, etc. dans le mouvement des droits des animaux. Il dit que le mouvement devrait être « apolitique ». Il affirme que AV est « apolitique ».

Cela n’a aucun sens.

Le spécisme est mal parce qu’il est répréhensible de la même manière que le racisme, le sexisme, l’hétérosexisme, etc. sont répréhensibles – il utilise un critère non pertinent pour ignorer ou dévaloriser les intérêts. Nous devrions rejeter toute idéologie qui utilise un critère non pertinent pour limiter l’appartenance à la communauté morale. L’idée que nous devrions être « apolitiques » ou « neutres » entre, par exemple, le féminisme et l’anti-féminisme et ne pas nous opposer à l’anti-féminisme, est absurde. Un défenseur des animaux qui s’oppose au spécisme mais ne s’oppose pas au sexisme (ou au racisme ou à l’hétérosexisme, etc.) est tout simplement confus. Le mouvement animal n’a de sens *que* dans le contexte d’un mouvement progressiste qui rejette tout racisme, sexisme, etc.

Le concept d’être « apolitique » est, tout comme le concept de « neutralité » lorsqu’il s’agit de questions de droits fondamentaux, un fantasme. Un mouvement qui ne rejette pas le sexisme, est un mouvement qui en fait embrasse le sexisme parce que c’est la position par défaut dans une société patriarcale. Un mouvement qui ne s’oppose pas au racisme embrasse en fait le racisme parce que c’est la position par défaut dans une société raciste.

En tout cas, dire que l’on s’oppose au spécisme mais que l’on ne s’oppose pas non plus à toute autre forme de discrimination n’a aucun sens. »

« Le mouvement végane abolitionniste rejette toute discrimination – racisme, sexisme, hétérosexisme et spécisme – et rejette l’idée que l’inclusion exige que nous nous allions à ceux qui encouragent la haine et la discrimination. »

« Ne me dites pas que Anonymous for the Voiceless n’est pas une organisation réactionnaire. Ceux d’entre vous qui soutiennent ces absurdités doivent sérieusement repenser les choses.

Et soyons clairs : AV n’est pas seule. Le « mouvement animaliste » associatif est réactionnaire en général. Aucune des grandes organisations (parmi celles que je connais) ne promeut une vision progressiste. Elles prétendent toutes être « neutres » (ce qui n’a aucun sens) ou font tout leur possible pour être explicitement réactionnaires. Un exemple : Les campagnes sexistes/misogynes de PETA. Les droits humains et les droits non humains sont inextricablement liés. Si vous avez un problème avec cela, c’est votre problème. »

« J’entends beaucoup de personnes dire que le meurtre de George Floyd a fait lever le rideau sur la brutalité policière qui touche les Noirs.

Je suis heureux que le problème ait été reconnu, mais tout Américain blanc qui dit qu’il n’était pas conscient de la façon dont les Noirs sont traités par la police – ou qui prétend ne pas avoir été conscient du racisme systémique qui sévit dans tous les aspects de la société américaine – est un très jeune enfant, récemment arrivé de Mars, ou moins qu’honnête.

Comme je l’ai dit, il est bon que les choses *semblent* changer en termes d’attitudes sur l’existence et les effets du racisme. Mais c’est bien tard, bien tard, bien tard.

#BlackLivesMatter #AllLivesMatterisRacist  »

~ Gary L. Francione

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Principe 5 de l’Approche Abolitionniste

Les abolitionnistes rejettent toute forme de discrimination humaine, ceci incluant le racisme, le sexisme, l’hétérosexisme, l’âgisme, le capacitisme et le classisme – tout autant qu’iels rejettent le spécisme.

En résumé

L’Approche Abolitionniste des Droits des Animaux rejette le spécisme parce que, comme le racisme, le sexisme, l’hétérosexisme et d’autres formes de discrimination humaine, il fait appel à un critère moralement non pertinent (l’espèce) pour minorer et dévaloriser les intérêts d’êtres sentients. Mais, toute opposition au spécisme n’a de sens seulement en tant que partie d’une opposition générale à tout type de discrimination. Ce qui veut dire que, en tant que personnes défendant les animaux, nous ne pouvons nous opposer au spécisme tout en déclarant que nous ne prenons pas positions envers les autres formes de discrimination. Nous ne pouvons pas déclarer que nous rejetons comme moralement non pertinent le critère de l’espèce pour minorer et dévaloriser les intérêts des nonhumains, mais que nous ne prenons pas position sur le fait d’utiliser la race, le sexe, l’orientation ou les préférences sexuelles pour minorer et dévaloriser les intérêts humains. Notre opposition au spécisme nous oblige à nous opposer à toutes les discriminations.

A lire : « Les 6 principes de l’Approche Abolitionniste« 

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