Les droits ont été créés par des humains. Comment pourraient-ils être appliqués aux animaux ?

2. Question : les droits ont été créés par des humains. Comment pourraient-ils être appliqués aux animaux?

Réponse : Tout comme le statut moral d’un être humain ou d’un animal n’est pas déterminé par qui a fait en sorte que cet être humain ou cet animal vienne au monde, l’application des concepts moraux n’est pas déterminée par qui les a créés. Si des bénéfices moraux ne devaient être accordés qu’à ceux qui sont à l’origine des concepts moraux, alors la plupart des membres de l’humanité se trouveraient à l’extérieur de la communauté morale. Les concepts entourant les droits tels que nous les comprenons actuellement ont été formés de manière à protéger les intérêts des propriétaires terriens mâles, blancs et riches; en fait, la plupart des concepts moraux ont historiquement été créés par les mâles privilégiés afin d’offrir des bénéfices à d’autres mâles privilégiés. Avec le temps, nous en sommes venus à reconnaître le principe d’égale considération qui requiert que nous traitions les cas similaires de manière similaire et que nous étendions subséquemment les droit (et les autres bénéfices moraux) aux autres humains. En particulier, le principe de l’égale considération implique que nous considérions l’appropriation de certains êtres humains par d’autres comme quelque chose d’odieux. Si nous voulons appliquer le principe de l’égale considération aux animaux, alors nous devons étendre aux animaux le droit de ne pas être traités comme des ressources.

Qui est à l’origine des droits ou qui peut comprendre le concept de droit sont des questions sans pertinence. Nous n’exigeons pas que les humains soient potentiellement ceux qui inventent les droits ou qu’ils puissent comprendre ces droits pour jouir de droits. Par exemple, un être humain sévèrement handicapé mentalement n’a peut-être pas la capacité de comprendre ce qu’est un droit, mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas lui accorder au moins la protection du droit fondamental de ne pas être traité comme une ressource par d’autres personnes.